Chikungunya

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rando-photo
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Chikungunya

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Chikungunya : le combat d' une Audoise
comprendre pourquoi et comment les autorités sanitaires de l'âle ont tant tardé à  prendre des dispositions qui auraient permis de limiter l'épidémie.


Le 6 décembre dernier, Marie-Claire Hamon et son mari s'envolent pour six semaines de vacances loin de la grisaille métropolitaine. Direction l'océan Indien et l'âle de la Réunion. Les deux touristes sont attendus par leur fils et leur belle-fille à  la Rivière-Saint-Louis, une commune située au sud de l'âle. Les cinq premières semaines du séjour se déroulent sans encombre. L'heure est aux randonnées et au farniente sur les plages du littoral ouest. Le 14 décembre, en pleine après-midi, alors qu'elle se trouve sur la plage de l'Hermitage, Marie-Claire Hamon est subitement prise de malaise. « J'étais comme terrassée, se souvient-elle. J'étais toute rouge. » De retour chez son fils, Marie-Claire Hamon est en proie à  une crise aiguà« de fièvre. Le thermomètre affiche 41°C. « à‡a a duré trois jours. J'avais des douleurs aux pieds, au dos, dans les mains. » Le 15, la visite d'un médecin lui apprend qu'elle est atteinte du chikungunya, ce virus singulièrement invalidant et qui est transmis par la piqûre d'un moustique, l'aedes albopictus. « J'ai mis près d'une semaine à  pouvoir à  marcher, explique encore Marie-Claire Hamon, et encore je ne pouvais pas faire plus de 200 m. » Dix jours plus tard, c'est son mari qui est terrassé par le virus. Le 31, le fils de Marie-Claire Hamon est également atteint du « chik ».

Revenue dans l'Aude à  la mi-janvier, Marie-Claire Hamon n'est toujours pas guérie. « J'ai un poignet qui me fait encore énormément souffrir, précise-t-elle. Et je prends régulièrement des anti-inflammatoires ».

Combien de touristes métropolitains ont-ils ainsi été contaminés ? Personne ne le sait vraiment. A l'hôpital de Carcassonne, les urgences disent n'avoir jamais eu de cas de chikungunya avéré. Idem, à  la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS), o๠la maladie n'entre pas dans la catégorie des infections à  déclaration obligatoire. Seuls, donc, quelques médecins traitants ont eu connaissance de cas de chikungunya importé. Soucieuse de comprendre comment une telle épidémie a pu se répandre aussi rapidement, Marie-Claire Hamon a rejoint les rangs d'une association (voir ci -dessous) qui a été fondée le 20 décembre. L'association, dont elle est aujourd'hui la vice-présidente, disposera dans quelques jours d'un site internet. Le seul moyen de recenser rapidement tous les cas de « chik » dans l'Aude et ailleurs.

Elle est à  la vice-présidence d'Ile de la Réunion contre le chikungunya
Depuis qu'elle est revenue de la Réunion, Marie-Claire Hamon a décidé de s'engager dans une association, Ile de la Réunion contre le chikungunya, dont les statuts ont été déposés à  la sous-préfecture de Saint-Pierre-de-la-Réunion.

Elue vice-présidente de l'association, Marie-Claire Hamon en est la correspondante métropolitaine. « Notre rôle, explique-t-elle, est d'aider les personnes qui ont été atteintes par le virus du chikungunya mais également de distribuer des répulsifs sur place. » L'antenne métropolitaine de l'association réunionnaise est déjà  en contact avec plus de soixante-dix personnes, dont une dizaine d'Audois qui ont séjourné dans l'océan Indien ces dernières semaines. « Nous comptons également au nombre de nos adhérents une vingtaine de personnes de la Haute-Garonne. » Et les demandes d'informations continuent d'affluer.

Le 17 février dernier, le procureur de la République de Saint-Denis-de-la-Réunion a été destinataire d'une plainte contre X pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui. Par cette action en justice, les victimes du « chik » espèrent comprendre pourquoi et comment les autorités sanitaires de l'âle ont tant tardé à  prendre des dispositions qui auraient permis de limiter l'épidémie, qui a déjà  touché plus de 170 000 personnes.



Marie-Claire Hamon-Salsano : Email : marieclairealbert@wanadoo.fr